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Train ou voiture : quel transport choisir pour un tournage en extérieur

Deux façons de rejoindre un lieu de tournage avec son matériel, comparées sur la charge, les horaires et les imprévus, avec la recommandation que j'applique moi-même en cette mi-automne.

Nathalie Dewez · · 6 minutes de lecture

Poser la question avant de réserver quoi que ce soit

Quand on prépare un tournage hors studio, on pense d'abord à la lumière et aux boîtiers, puis on règle le transport au dernier moment. C'est une erreur fréquente, parce que le mode de déplacement décide de ce que vous pouvez emporter, de l'heure à laquelle vous serez prêt et de l'état dans lequel vous arriverez devant votre modèle.

Dans ce module, nous comparons deux options que presque tous les participants envisagent : la voiture, avec ou sans passager, et le train suivi d'un trajet à pied ou en transport local. Je les prends l'une après l'autre, avec les mêmes critères, pour que la comparaison reste honnête.

Je précise le cadre : il s'agit d'un portrait en extérieur, avec un boîtier, deux ou trois objectifs, un trépied, un pied de lumière nomade et leurs accessoires. Pour un volume bien plus important, le raisonnement change et la voiture s'impose presque toujours.

  • Volume et poids du matériel à déplacer
  • Horaires imposés par le lieu et par la lumière
  • Marge d'imprévu en cas de retard ou de panne

La voiture : de la place, mais des points faibles discrets

La voiture offre l'avantage évident de la capacité. Valises rigides, pied de lumière monté, réflecteur de grande taille : tout passe, et vous partez à l'heure que vous choisissez. Vous pouvez aussi décharger au plus près du point de prise de vue, ce qui compte quand le sol est irrégulier ou qu'il pleut.

Ses faiblesses se voient moins. Le stationnement près d'un site de repérage est parfois impossible, et marcher cinq cents mètres avec trois sacs fatigue avant même le premier déclenchement. Le matériel laissé dans le coffre pendant une pause pose aussi une question de sécurité qu'il faut trancher à l'avance.

Enfin, la voiture entretient une fausse impression de souplesse : on emporte trop. Je vois régulièrement des participants arriver avec deux fois ce dont ils se servent, puis passer la matinée à chercher la bonne pièce dans un coffre encombré.

  • Charge élevée et départ libre
  • Stationnement et portage final à prévoir
  • Tentation d'emporter l'inutile

Le train : léger, ponctuel, mais exigeant sur la préparation

Le train impose une discipline que beaucoup apprécient. Vous devez tenir en un sac à dos et un étui de trépied, ce qui oblige à choisir. Les horaires sont fixes, donc l'arrivée est prévisible, et le trajet peut servir à relire votre liste de contrôle ou à repérer le lieu sur un plan.

Les contraintes sont réelles. Un correspondance manquée en fin de journée grignote la lumière de fin d'après-midi, en cette saison où elle baisse tôt. Le dernier kilomètre à pied dépend du lieu, et un pied de lumière long se transporte mal dans une rame bondée.

Il faut aussi accepter de ne rien pouvoir réparer. Si un câble manque, aucune boutique n'est à portée. C'est pourquoi la vérification des accessoires, vue dans un autre module, devient ici une condition du voyage et non une simple précaution.

  • Capacité limitée, donc choix assumés
  • Horaires fixes, retard difficile à rattraper
  • Dernier trajet à pied à mesurer sur le plan

Comparer sur trois critères concrets

Pour trancher, je demande aux participants de noter chaque option sur trois critères : le temps réel porte à porte, le poids qu'ils porteront eux-mêmes, et ce qui se passe si un élément déraille. Écrire ces trois lignes prend dix minutes et évite bien des regrets.

Sur le temps, la voiture gagne presque toujours dès que le lieu est mal desservi. Sur le portage, le train gagne pour qui s'est imposé un sac réduit, la voiture pour qui a déjà trop emporté. Sur l'imprévu, la voiture offre davantage de solutions de repli, le train davantage de prévisibilité.

Aucune de ces réponses n'est universelle. Elles dépendent du lieu, de l'heure du rendez-vous et de la quantité de matériel que le portrait demande vraiment. Le tableau comparatif sert à décider, pas à justifier un choix déjà fait.

  • Temps porte à porte, trajet final compris
  • Poids porté par vous seul
  • Solution de repli si un élément manque

Ma recommandation pour un portrait en extérieur

Pour un portrait avec un seul pied de lumière et un équipement réduit, je recommande le train quand le lieu est à moins d'un quart d'heure de marche de la gare, et la voiture dans tous les autres cas. Cette règle simple évite les deux écueils : le portage excessif et le stationnement introuvable.

Si vous choisissez la voiture, imposez-vous une limite : ce qui entre dans deux sacs, pas davantage, même si le coffre est vaste. Si vous choisissez le train, faites un essai de portage à la maison, sac chargé, pendant vingt minutes de marche. Vous saurez très vite si votre sélection est raisonnable.

Dans les deux cas, prévoyez une marge d'une heure avant le moment de prise de vue. À la mi-automne, la lumière utile se raccourcit, et cette marge est ce qui sépare un tournage serein d'une course contre le crépuscule.

  • Train si la gare est proche du lieu
  • Voiture sinon, avec deux sacs maximum
  • Une heure de marge avant la prise de vue

Ce que nous exerçons ensuite en séance

Lors de la séance consacrée aux déplacements, chaque participant décrit son propre tournage à venir et choisit son mode de transport en appliquant les trois critères. Thierry Lambert et Céline Marchal relisent les choix avec vous et signalent les oublis courants, comme l'heure du dernier retour.

Vous repartez avec un plan de trajet écrit, un calendrier à rebours depuis l'heure de prise de vue et une liste du matériel réellement emporté. Ces documents servent ensuite de base à la mise en situation complète, où tout est appliqué sur un portrait réel.

Le meilleur transport n'est pas celui qui paraît le plus pratique, mais celui qui vous laisse reposé, à l'heure et avec exactement le matériel nécessaire. Comparez par écrit, testez le portage, gardez une marge, et vous arriverez devant votre modèle l'esprit libre. C'est tout l'esprit de cette partie du programme, que nous reprenons en pratique avec votre propre projet.

Écrit par

Nathalie Dewez

Formatrice éclairage

Photographe de portrait depuis plus de dix ans, elle anime les modules d'éclairage et de préparation du matériel.